La magie du câlin : comment les signes d’affection boostent la sante des enfants

Dans une édition de The Straits Times de novembre 2005, un journal télévisé au Singapour, une évocation d’une recherche scientifique portant sur les « cyber câlins» a été faite.

Dans cette émission, Adrian David Cheok, directeur du Nanyang Technological Université Interaction and Entertainment Research Centre, affirme « L’équipe a imaginé des pyjamas sans fil pour les enfants, qui utiliseraient Internet pour ajuster la pression et la température pour que les enfants aient l’impression qu’on les câline. Les parents qui porteraient une combinaison similaire se sentiront aussi câlinés par les enfants ».

Vous vous demandez sûrement pourquoi la science montre des intérêts pour un geste du quotidien aussi désinvolte. En effet, alors que notre premier réflexe en voyant que notre petit s’était écorché est de lui faire un câlin, faire des câlins a de nombreux autres effets secondaires positifs.

De nombreuses études ont montré les corrélations entre d’une part, les émotions positives dues à ce simple geste d’affection et d’autre part, le bien-être général. Les câlins et les contacts physiques ont été préconisés par les pédiatres comme un élément inestimable du développement de votre enfant.

Les câlins construisent les compétences psychosociales de l’enfant

Letitia Ho, Ph.D., pédiatre développemental à Quezon City, affirme « Je peux facilement dire lequel de mes patients-enfants sont des enfants qui ont un « contact » avec leurs parents. En grandissant, ils deviennent expressifs et chaleureux. J’ai observé que les enfants qui ne font pas beaucoup de câlins ou n’ont pas d’affection de leur famille, grandissent en mettant de la distance entre eux et leur entourage. Il y a une certaine froideur dans leur enfance qu’ils gardent même en étant adulte ».

Ho appuie sur le fait que les câlins renforcent l’estime de soi de l’enfant. « Le câlin est un geste d’affirmation, d’appréciation, de reconnaissance », dit-elle. « Un enfant qui est souvent câliné ont une bonne image d’eux-mêmes, alors qu’un enfant privé de câlins ou n’en ont jamais reçu se demanderont « est-ce que je suis aimé ici ? » »

Ho en déduit même que le caractère indispensable des câlins et des contacts physiques dans le développement de l’enfant peut être attribué au fœtus, lorsque la chaleur et le confort de l’utérus simulent le sentiment d’être étreint. “La peau du bébé est exposée au liquide amniotique chaud tout le temps. C’est très tactile “, ajoute-t-elle.

Les enfants venant d’une famille chaleureuse ont une intelligence émotionnelle qui facilite des relations interpersonnelles saines. En fait, les câlins et les autres formes de thérapie tactile sont employés par les pédiatres experts pour aider les enfants abusés à sortir de leurs traumatismes.

« La thérapie tactile est très utilisée, surtout avec les enfants qui ont été sexuellement abusés », nous partage Ho. « Elle est utilisée avec précaution et en accord avec l’enfant parce qu’à cause de leurs expériences passées, ces enfants ont tendance à être facilement offensés ».

Les thérapies de câlins, très prometteurs dans ces cas, aident à restaurer l’habilité de l’enfant à s’en sortir, à faire de nouveau confiance aux enfants, et à s’exprimer – des facteurs nécessaires pour des relations sains et intimes étant adultes.

Les câlins construisent une culture de paix

Il y a une différence entre les pays qui sont enclins aux « câlins » et à ceux qui sont plutôt « à bas les pattes ». Ho fait une observation de la différence, par exemple, entre les tempéraments socio-collectifs des américains et des philippins.

« Dans les premiers stades du développement des enfants », note-t-elle, « les enfants américains sont placés dans des nurseries différentes de la chambre des parents. Pour les philippins, cette pratique n’est pas très répandue, peut-être pour des raisons économiques.

Une chose, par rapport aux Américains, les maisons philippines moyennes n’ont pas autant de pièces. Les bébés philippins dorment dans le même lit que les parents ou sont placés dans un berceau à côté du lit des parents. Je pense que cela contribue à ce que les Philippins soient plus tactiles que les Américains,[et les Philippins] plus expressifs et généralement chaleureux. »

Dans un contexte plus large, il a été prouvé que les câlins affectent les prédispositions culturelles et les comportements agressifs. Cela explique pourquoi certaines cultures sont plus violentes que d’autres.

Telle est l’affirmation d’une enquête sur 49 cultures primitives menée par James W. Prescott, psychologue du développement, qui a été administrateur, de 1966 à 1980, du National Institute of Child Health, un organisme relevant du National Institute of Health des États-Unis.

Selon l’étude de Prescott (publiée dans un article de novembre 1975, “Body Pleasure and the Origins of Violence”), la différence entre les sociétés violentes et pacifiques réside dans l’étendue de la démonstration de l’affection physique dans ces sociétés. Les sociétés qui ont adhéré à une sous-culture “sans câlins” dès l’enfance ont souvent produit des adultes “brutaux”.

Les câlins vous mettent en bonne santé

Les câlins sont des analgésiques naturels, affirme Ho, en se basant sur la physiologie et non juste le sens de confort général ressenti par tout un chacun lorsque du câlin. « La peau est très sensible. Les inconforts physiques, comme la douleur, s’amenuisent lors des contacts », dit Ho. « Un enfant qui pleure à cause d’un genou égratigné se calme grâce aux câlins de sa mère. »

Une touche douce et tactile stimule les terminaisons nerveuses, ce qui expliquent l’utilisation fréquente de la « thérapie tactile » pour les personnes souffrant de douleurs chroniques et autres maladies.

Des études du département Infirmerie de la New York University (NYU) démontrent les effets apaisants des contacts – comme l’augmentation des niveaux d’hémoglobine dans le sang qui aide les tissus à vite se doter en sang.

Dans une autre étude de NYU, avoir des animaux de compagnie est également une thérapie pour les patients avec des problèmes de cœur, ce qui montre à quel point s’occuper et câliner des animaux de compagnie réduit le niveau de stress chez les victimes potentiels d’arrêts cardiaques.

Dans une étude de l’Université de Caroline du Nord (publiée dans la revue PsychosomaticMedicine, août 2005), les effets des câlins ont été observés chez 38 couples.

L’étude a montré que les câlins augmentaient la libération d’ocytocine – connue sous le nom d'”hormone de liaison” ou de “produit chimique pour les câlins” – et réduisaient la tension artérielle en abaissant le taux de cortisol, une hormone liée au stress.

Tout ceci montre seulement que rare sont les personnes qui ne se sentent pas bien après un câlin.

Mélangez consciencieusement les câlins avec les actions disciplinaires

Les parents peuvent semer la confusion chez l’enfant lorsqu’ils l’embrassent immédiatement après lui avoir imposé une mesure disciplinaire. Letitia Ho, professeure à l’UP DilimanCollege of Education, dit que le câlin doit être un acte d’affirmation sans contredire l’idée de punition. Par conséquent, après une gaffe, il est important que le parent et l’enfant procèdent d’abord à la mesure disciplinaire et punissent l’enfant.

“Les punitions disciplinaires ne devraient pas être simplement une punition, dit M. Ho. “Après que la punition ait été faite, expliquez quel aurait dû être le comportement alternatif, puis embrassez l’enfant après une certaine période de grâce. C’est à ce moment-là que l’étreinte devient un palliatif, où c’est l’acte, et non la personne, qui est puni.”

Les câlins ramènent une épopée d’émotions positives. Les études ont montré que cet acte qui autrefois était si simple, est intimement lié au bien-être.

 

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